Colonie de Mammouths laineux

Il y a 4 000 ans, sur une petite île de Sibérie, disparaissait la dernière espèce de Mammouth du monde. Cette disparition inexpliquée fait suite à celle des Mammouths continentaux il y a environ 12 000 ans. De nombreuses thèses existent pour tenter d’éclaircir les raisons de la disparition soudaine de ces mastodontes, réchauffement climatique, manque d’adaptation, surchasse, empoisonnement

Comment ces grosses boules de poils ont elles fini par disparaître ? Ensemble essayons d’éclaircir le mystère de cette tragédie en remontant le temps des premiers membres de l’espèce jusqu’à leur extinction inexpliquée.

La Carte d’identité du Mammouth, d’où vient-il et à quoi ressemble-t-il ?

Les premiers Mammouths apparaissent il y a 4 millions d’années en Afrique et migrent ensuite pour se développer et prendre différentes apparences.

Les premiers Mammouths

Les plus anciens spécimens de Mammouths retrouvés, les Mammuthus Subplanifrons (mot compte triple !), ont environ 4 millions d’années. A cette époque, ce cousin de l’éléphant moderne s’épanouit pleinement en Afrique. Puis, à la faveur des changements climatiques et désireux de se dégourdir un peu les pattes, cet imposant mammifère décide d’engager un périple vers l’Europe et l’Asie il y a environ 3 millions d’années.

Squelette de Mammouth
Squelette de Mammouth

Comme l’Homme, le Mammuthus a énormément voyagé et s’est établi un peu partout sur Terre. On retrouve ainsi ces mammifères en Afrique, en Europe, en Asie et même en Amérique du Nord où on retrouve des traces de sa présence en Alaska et en Californie. Ces migrations ont bien évidemment poussé ces éléphants préhistoriques à évoluer et se diviser en plusieurs espèces. La plus connue est sûrement le Mammouth laineux, reconnaissable à son épaisse fourrure. Cette espèce sous sa forme naine, Mammouth de l’île de Wrangel (Sibérie), disparue 2 000 ans avant notre ère,  sera la dernière représentante Mammouth.

Ça ressemble a un éléphant mais ça n’est pas un éléphant, défense de se tromper !

Longtemps associé à l’éléphant en raison des similarités physiques des deux espèces, les espèces Mammuthus se révèlent en réalité être des cousines de l’éléphant moderne. Ils sont très proches mais ce ne sont pourtant pas les mêmes, un peu comme Homo Sapiens et l’Homme de Neandertal.

Le Mammouth, quelle que soit son espèce, est reconnaissable à sa grande tête, sa longue trompe et à ses défenses saillantes qui peuvent mesurer entre 3 et 5 mètre de long ! Rassurez vous il s’en sert seulement pour creuser la neige à la recherche de sa nourriture. En effet, ce gros bonhomme se nourrit quasi exclusivement d’herbe. Cependant, pour garder sa puissante musculature et un corps de rêve pour sa femelle notre ami ne se contente pas de quelques brins d’herbes non… Il peut brouter jusqu’à 200 kilos de végétation par jour !

Radio dessinée d'un Mammouth
Dessin d’un Mammouth et de son squelette

Le mammouth est très en avance sur son temps car il s’organise en groupes dirigés selon un modèle matriarcal. Les femmes au pouvoir !

Les mammouths laineux sont les espèces les plus reconnaissables. Leurs longs poils, pouvant mesurer jusqu’à 90 cm, on fait d’eux des stars de la Préhistoire. Ces animaux, bâtis pour résister au froid n’avaient donc pas besoin d’un beau pull tricoté par Mamiemouth pour aller jouer dans la neige !

Des mammouths et des Hommes : Une cohabitation au poil !

Les Mammouths et les hommes ont cohabité pendant plusieurs milliers d’années ensemble et ces grosses boules de poils ont grandement contribué à améliorer la vie de nos ancêtres.

Un bon chasseur doit savoir chasser le mammouth

C’est effectivement la première chose qu’ont fait nos ancêtres en voyant ces steaks géants déambuler sous leurs yeux, les chasser ! Il est avéré que l’Homme chassait le mammouth pour s’en nourrir car des fossiles de mammouths portent des traces évidente de blessures liées à des outils humains.

Chasse au Mammouth
Reproduction de chasse au Mammouth – Paul Jamin

La chair généreuse et la graisse de ces mammifères étaient de précieuses alliées pour les humains. Ils avaient beaucoup moins de poils eux !

Il est fort probable que ces grosses bêtes ne se laissaient pas faire facilement. Les Hommes ont donc développé différentes techniques pour arriver à leurs fins. Une de ces technique consiste notamment à piéger le Mammouth, soit en le faisant tomber dans un trou creusé soit en l’attirant dans des zones boueuses dans lesquelles il s’enfonçait et ne pouvait plus fuir.

Tout est bon dans le Mammouth !

Une fois l’animal mangé, les restes du mammouth n’étaient pas laissés de côté. En raison de sa grande taille, les os de l’animal constituaient de solides armatures pour construire un abri de taille intéressante.

D’autre part la fourrure servait bien évidemment à confectionner de jolis plaids pour les soirées d’hiver passées à peindre.

Hommes peignant des Mammouths
Hommes en train de peindre des Mammouths

La culture du mammouth nous est en effet très bien parvenue grâce à l’art rupestre qui représente énormément l’animal sous toutes ses formes.

Défense de jeter l’ivoire

Nous l’avons déjà vu, au fil du temps, l’Homme se soucie de plus en plus de l’esthétique de son apparence et de sa maison. Ce n’est donc pas une surprise qu’il profite de l’ivoire des défenses du mammouth pour se fabriquer des bijoux ou des petites sculptures.

Bijou en ivoire de mammouth
Sculpture en ivoire de Mammouth (c’est beau hein ?)

Alors, avoir chassé le mammouth a-t-il conduit à l’extinction de l’espèce ? Cela a pu y contribuer oui, mais pas que…

Les 5 causes d’extinction les plus probables

La disparition des populations de mammouths continentaux il y a environ 12 000 ans et celle des mammouth laineux nains de Sibérie il y a 3 700 ans posent de nombreuses questions qui restent encore aujourd’hui sans réponses. Alors qu’est ce qui a coûté la vie à ces éléphants préhistoriques ? Le climat, l’Homme, la génétique, un empoisonnement

1- Le réchauffement climatique et manque d’adaptation, c’est pas un temps à laisser un Mammouth dehors !

La thèse est séduisante. Les mammouths, très adaptés aux climats rigoureux de la période glaciaire n’auraient pas survécu à la déglaciation faute d’adaptation et de nourriture.

Réchauffement climatique

Lorsque vous allez sur une plage des Bahamas, si vous mettez votre belle tenue de ski vert fluo et votre plus beau bonnet à pompon vous aurez un style indéniable mais vous risquez sûrement de mourir de chaud. Eh bien, c’est un peu ce qui a pu arriver à ces adorables mammifères. Faute de pouvoir aller chez le coiffeur pour avoir une coupe au poil, leur imposante fourrure les aurait empêché d’évacuer la chaleur et leur organisme aurait bouilli

2- Le changement d’environnement et le manque de nourriture

Le réchauffement climatique aurait permis à une végétation plus luxuriante de se développer et d’apporter aux animaux des sources de nourriture complémentaires. Le changement de température aurait entraîné l’apparition de végétations et d’arbres plus en hauteur au détriment des espèces végétales présentes près du sol, principale source d’alimentation de nos amis pachydermes. Le Mammouth serait donc mort faute de nourriture, lui qui n’était pas capable d’aller chercher dans les arbres.

3- La chasse par l’Homme

Une autre cause probable mais probablement non exclusive de la disparition des mammouths est la chasse de l’animal par les humains. Des scientifiques ont mis en évidence la disparition de certaines espèces animales peu après la colonisation de leur territoire par l’Homme.

Mammouth Colombus
Reconstitution d’un Mammouth columbus

Si la chasse a contribué à amenuiser la population Mammouth elle ne peut en être tenue pour seule responsable car certaines espèces de mammouth, à l’instar des mammouths de l’île de Wrangel, vivaient coupé de l’Homme et ont tout de même disparu.

4- Les mammouths nains de l’île de Wrangel, la dégénérescence génétique

Des scientifiques ont procédé à l’étude des données de l’ADN retrouvé sur les fossiles des mammouths de l’île de Wrangel et ont constaté que cette espèce avait subi de sérieuses dégradations génétiques.

Ces petites bêtes, avec la montée des eaux, se sont retrouvées bloquées en Sibérie, sur l’île de Wrangel. Cela ne les a pas dérangé bien au contraire. Cependant, le manque de diversité de la population a dû entraîner des mutations néfastes de l’ADN de ces mini-Mammouths. Les chercheurs ont constaté que ces dégénérescences étaient à l’origine de la perte d’odorat et des capacités sociales de ces Mammouths de Sibérie.

En clair cela signifie que privés d’odorat nos charmants amis se sont retrouvés dans l’incapacité de trouver leur nourriture et privés de capacités sociales se seraient retrouvés sans l’envie de se reproduire.

5- L’empoisonnement ou l’épidémie

Cette théorie est avancée par certains scientifiques qui, après étude de certains fossiles de mammouths, auraient détecté des traces de soufre et de carbone ayant pu intoxiquer les animaux qui auraient consommé de l’eau contaminée par exemple.

Une autre théorie, non prouvée, prétend que les migrations humaines auraient pu véhiculer des maladies que nos grosses bêtes n’auraient pas été en mesure d’affronter et qui leur auraient donc coûté la vie.

Vous voulez les rencontrer ?

Si les mammouths semblent bel et biens disparus aujourd’hui (bien que certains hurluberlus prétendent en avoir vu) il est possible d’en observer des phénomènes extrêmement bien conservés.

Certains mammouths ont été retrouvés intacts dans la glace. Grâce à ces mammouths Picard, dont le premier a été retrouvé en 1799, nous pouvons nous rendre compte de la grandeur de ces animaux.

Comparaison mammouths hommes
La taille des différents mammouths comparé à la taille d’un Homme

Certains fossiles de mammouths sont exposés en France, c’est le cas par exemple du Mammouth de Choulans au Musée des Confluences à Lyon. Deux spécimens sont également présents au Muséum d’Histoire naturelle de Paris dans la galerie de Paléontologie et d’anatomie comparée.

Ces cousins disparus de l’éléphant moderne ont donc bien aidé les Hommes à survivre et à se développer sans réussir à se préserver eux même. Adieu l’ami, on t’aimait bien…

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